Personnages célèbres

 

L’ancêtre Cech (Vème, VIème siècles ?)

Le grand-père mythique. Arrivé avec les siens en Bohême, il escalada un monticule (Rip, près de Melnik), à une cinquantaine de kilomètres au nord de Prague, une rotonde romane est édifiée depuis au sommet, et jeta un regard circulaire sur le pays environnant. Celui-ci abondant en lait et en miel, Cech jugea qu’il était propice à une installation, d’autant plus que la terre était vierge de tout occupant étranger.

Premysl le Laboureur

Premier prince mythique, fondateur de la dynastie des Premyslides qui régna sur la Bohême jusqu’en 1306.

La mère Libuse

Princesse de sang, épouse de Premysl le laboureur (qu’elle a elle-même choisi), voyante, un peu sorcière, et fondatrice de Prague. Elle monta sur le rocher de Vysehrad et, là où il n’y avait que forêt, elle vit « une grande cité dont la gloire touchera les astres ».

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Les Chevaliers du Mont Blanik

La légende raconte que ces valeureux guerriers dorment, en armure et prêts au combat, dans une immense grotte souterraine. Lorsque la Patrie sera en danger mortel la grotte s’ouvrira et les chevaliers fonceront sur l’ennemi. Malheureusement pour les Tchèques ce n’est qu’une légende, à moins que les Chevaliers aient jugé que la situation n’était pas suffisamment grave pour renoncer à leur profond sommeil.

Saint Cyrille et Saint Méthode

Frères évangélisateurs de la Moravie ils instaurèrent un rite en vieux slavon et inventèrent une écriture qui donnera plus tard le cyrillique. Les slaves occidentaux abandonnèrent en 885 le rite et l’écriture.

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Saint Venceslas (Vaclav)
(vers 907 - 929)

Premier Prince chrétien de Bohême, de la dynastie des Premyslovci, Saint patron du pays, canonisé à la fin du 10ème siècle. Il aimait les allemands parce qu’ils étaient chrétiens, comme lui. Venceslas fut assassiné en 929 par son frère Boleslav, anti-germanique et païen. Son imposante statue équestre trône sur la Place Venceslas.

Charles IV
(1316 – 1378)

Il fut appelé « Père de la Patrie tchèque » tant son œuvre économique et culturelle fut grande. Monarque sage et éclairé, très cultivé, polyglotte, il fut Roi de Bohême et Empereur de Rome. Baptisé Venceslas, fils de Jean de Luxembourg (Jean l’Aveugle) et d’Eliska Premyslovna, princesse héritière de la famille royale des Prémyslides, il fut élevé à la cour de Charles IV le Bel, à Paris et c’est en son honneur qu’il prit le nom de Charles, délaissant celui de Venceslas. Bâtisseur de nombreux monuments (la cathédrale St Guy, le pont Charles, le Palais Royal, Karlstejn…) il fut également mécène des arts et des sciences. A l’origine d’innovations en matière d’agriculture et de pisciculture il est le premier à introduire la vigne (venue de Bourgogne) en Bohême. Par ailleurs il fonde l’Université (en 1348, la première à l’Est du Rhin) et décide de la construction de Nove Mesto. Très pieux il favorisa l’Eglise dont la richesse suscita mécontentement et jalousie. Très vénéré il s’attira malgré tout moins de sympathies que son fils Venceslas IV, bon vivant habitué des débits de boissons.(En savoir plus)

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Jan Hus
(1370 ? – 1415)

Son imposante statue de couleur noire domine la place de la Vieille Ville à Prague. Né vers 1370 à Husinec, dans le sud de la Bohême, au sein d’une famille de paysans, Jan Hus étudia à l’Université de Prague où il devint recteur. Il dénonça l’opulence et la corruption de l’Eglise, rétablit la communion, traduisit une partie de la Bible et réforma l’orthographe tchèque. Hus fut très influencé par les thèses philosophiques et théologiques de John Wycliffe qu’il traduisit en tchèque en 1403. Il les développa également dans ses prêches et ses écrits, luttant contre le pouvoir temporel de l’église et contre la décadence des mœurs du clergé. Nommé prédicateur à la chapelle de Bethléem en 1402 des milliers de Pragois vinrent alors l’écouter. L’année suivante il s’opposa à l’interdiction par l’Archevêque de Prague des écrits de Wycliffe : des universitaires fidèles au catholicisme traditionnel intentèrent un procès contre lui. Ce procès traîna durant des années et, alors que la situation évoluait en faveur de Hus, la convocation d’un Concile ordinaire à Constance décida de son sort. Arrêté le 25 novembre 1414 il ne renia pas ses opinions et fut brûlé vif le 7 juillet 1415. A l’annonce de sa mort la Bohême toute entière se révolta et durant quinze ans les hussites tiendront tête à l’Europe coalisée. Ils ne succomberont qu’à leurs dissensions internes, ce qui fera dire au Pape Pie II « Seuls les Tchèques peuvent battre des Tchèques ». Des pensées de Jan Hus est né le mouvement révolutionnaire hussite, finalement anéanti en 1620 à la bataille livrée sur la Montagne Blanche, aux environs de Prague. Sa devise « Vérité vaincra » est brodée sur la bannière des présidents tchèques.

Plus d'infos (en anglais)

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Jan Zizka
(1360 ? – 1424 ?)

« Janek jednooky » (Jeannot le borgne ) fut Capitaine des Hussites et artisan de leurs principales victoires. Son génie militaire fut indéniable, même après la perte de son deuxième œil, ce qui fit dire à Pie II (décidément fort spirituel) : « Les Tchèques étaient une nation aveugle sous la conduite de guides aveugles ».

Rodolphe II
(1576 – 1612)

Couronné Roi de Bohême et de Hongrie, puis Empereur allemand, il fut le seul monarque de la dynastie des Habsbourg a choisir Prague comme capitale de l’Empire. Féru d’astrologie, d’alchimie et d’art, il est peu préoccupé par les affaires politiques du royaume. Il introduit à Prague de nombreux savants et artistes comme Arcimboldo, Kepler ou Tycho Brahé. De cette époque datent nombre des mythes et légendes empreints de magie et de magnétisme qui contribuent au charme de Prague.

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Jan Amos Komensky, dit Comenius
(1592 – 1670)

Figure marquante de la Réforme tchèque, penseur religieux et fondateur de la pédagogie moderne. Il passa une bonne partie de sa vie en exil (Angleterre, Suède, Pays-Bas…) partagé entre son œuvre philosophique et son activité politique en faveur de la restauration de l’Indépendance de la Bohême. Etait-il prophète ? La Révolution de velours, pour certains, apparaît comme l’accomplissement d’une prophétie de Comenius : « Une fois le temps des tempêtes passé, le gouvernement de tes affaires va te revenir, ô peuple tchèque ! ».

 

Vaclav Vavrinec Reiner
(1689 – 1743)

Peintre et sculpteur baroque, auteur de peintures d’autel, de fresques et de toiles monumentales, influencé par Rubens et Brandi ainsi que par la peinture vénitienne. Ses œuvres décorent de nombreuses églises de Prague. Citons également les fresques du Palais Valdstejn et « Le combat des Atlantes » dans l’escalier du Palais Cernin.

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Frantisek Palacky
(1798 – 1876)

Historien, auteur d’une imposante « Histoire de la nation tchèque en Bohême et en Moravie », promoteur de « l’austroslavisme » (première politique tchèque des temps modernes qui consiste à soutenir la monarchie des Habsbourg à condition que leurs droits soient respectés). Par son regard sur le passé et la façon de le restituer il ouvrit la voie à l’Indépendance.

Karel Hynek Macha
(1810 – 1836)

Le plus grand poète romantique tchèque, nouvelliste (« Mai »).

Josef Manes
(1820 – 1871)

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A ses débuts Manes peint des paysages romantiques, puis il participe à la mode « Renaissance nationale ». Ce mouvement culturel nationaliste de la fin du XIXème siècle visait à contrecarrer la pression allemande des Habsbourg et affirmer l’identité tchèque. Manes est l’auteur du calendrier peint sur l’horloge de l’hôtel de ville, intitulé « Le cycle de douze idylles sur la vie du paysan tchèque ».

Bedrich Smetana
(1824 – 1884)

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Né en Bohême orientale, à Litomysl, ses premières leçons de piano lui furent données par son père, tenancier d’une brasserie. A l’âge de six ans il jouait déjà en public. Smetana étudia la composition et fonda en 1848 une école de musique à Prague. En 1856 il prit la direction de l’Orchestre de Goteborg pour cinq ans puis revînt à Prague. A une seule exception près ses livrets ne traitent que de sujets tchèques : il fut une figure de proue du mouvement nationaliste. Elevé en allemand il ne possédait le tchèque qu’imparfaitement ; les livrets de ses opéras nationaux « Dalibor » et « Libussa » furent composés par un poète allemand. En 1874 il perdit l’ouïe et dut renoncer à son activité de chef d’Orchestre au Théâtre tchèque. Il mourut le 12 mai 1884 d’une maladie de cœur.

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Anton Dvorak
(1841 – 1904)

Fils du boucher du village de Nelahozeves il ne songeait guère à la carrière musicale : à la suite d’un apprentissage professionnel il marcha deux ans durant dans les traces de son père. Enthousiasmé par les progrès techniques il se passionne pour les locomotives ! Après un séjour à l’école d’organistes de Prague il devient et resta longtemps altiste du rang dans l’orchestre de Karel Komzak. C ‘est en 1873 qu’il attire l’attention avec sa composition « Les Héritiers de la Montagne-Blanche » Grâce à l’intervention de Brahms il obtient une bourse qui lui permet durant cinq ans de se consacrer à la composition. Brillant chef d’orchestre et compositeur résolument tchèque comme en témoignent ses nombreuses compositions sur le thème des légendes et de l’histoire tchèques, Dvorak reste avant tout l’auteur du Stabat Mater et de la Symphonie n°9, dite Symphonie du Nouveau Monde. Il enseigna au conservatoire de Prague et fut également professeur au Conservatoire national de musique à New York. Il dirigea l’orchestre de cette institution de 1892 à 1895.

Alfons Mucha
(1860 – 1939)

Né en Moravie, Mucha passe par Munich puis arrive à Paris où son art se révèle et devient à la mode. Illustrateur du temps (couvertures de magazines, affiches de théâtre, décoration…) il réussit dans tous les domaines qu’il aborde : bijouterie, mode, argenterie, mobilier, sculpture… Alfons Mucha est un de ceux qui élaborent l’Art Nouveau. Ses femmes opulentes auréolées de motifs floraux sont encore un des symboles de l’époque.

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Antonin Slavicek
(1870 – 1910)

Artiste déchiré, Antonin Slavicek traîne son désespoir dans les rues de Prague mille et mille fois arpentées. Il en ramène des toiles impressionnistes célébrant la ville aux cent clochers, fragiles évocations de lieux sans cesse hantés. Il reste l’un des plus grands peintres de Prague : ses toiles sont exposées à la Galerie Nationale, au couvent Sainte Agnès.

Josef Chochol
(1880 – 1956)

Après une formation dans la mouvance Art Nouveau à Vienne il devînt l’un des représentants du cubisme tchèque. Auteur de plusieurs bâtiments cubistes dont les plus importants se trouvent à Podoli Vysehrad. Les immeubles sont composés de facettes et d’arêtes à l’image des cristaux ou des minéraux. Dans les années 20 Chochol se tourne vers le constructivisme russe mais sans réalisation concrète.

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Franz Kafka
(1883 – 1924)

Ecrivain pragois de langue allemande, auteur de nombreux ouvrages (« Le château », « Le procès », « La métamorphose »…). Bannies de sa propre ville durant toute la période communiste ses œuvres sont à présent rééditées. Juif dans un milieu en majorité chrétien, intellectuel dans une famille qui ne l’est pas, écrivant en allemand au moment de la montée des aspirations nationales tchèques… Franz Kafka concentre en lui-même toutes les contradictions de la ville et de l’époque. Enfant chétif, adolescent tourmenté, adulte qui ne s’épanouit ni dans sa vie sentimentale ni dans sa vie professionnelle, écrivain qui perçoit l’écriture comme le moyen d’expier sa « faute »… tout va concourir à une œuvre sombre, pessimiste… où les héros ne comprennent ni les raisons, ni les responsables de leur oppression.

Jaroslav Hasek
(1883 – 1923)

Anarchiste, mystificateur professionnel, fondateur d’un Parti Pataphysique, artiste de cabaret, écrivain, journaliste, humoriste, vagabond et bohême, naïf, cynique, hâbleur, maître de la débrouille… Pilier de cabaret qui menait la vraie "vie de Bohême" et mourut prématurément… et surtout auteur des inénarrables aventures du « Brave soldat Svejk » où il dénonce avec ironie l’absurdité de la guerre. Jaroslav Hasek se destinait au métier de droguiste mais obliqua rapidement vers le journalisme sans jamais se fixer à un journal.

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Svejk

Personnage légendaire, naïf et roublard, le soldat Svejk incarne un modèle de pacifisme ainsi que l’esprit de résistance. Symbole et exemple d’une certaine mentalité tchèque il terrasse la bêtise : partout, que ce soit en face des indicateurs de la police, des médecins, des officiers, des fonctionnaires… Il triomphe grâce à des questions et des réflexions apparemment naïves mais en réalité très réfléchies.

 

Le Golem

Immortalisé par Gustav Meyrink, le Golem est un célèbre personnage mythique lié à l’ancien ghetto juif de Prague, il en est « l’esprit ». Selon une légende qui remonte au XVIIIème siècle cette statue d’argile se serait réveillée grâce à une formule secrète inscrite sur son front. Douée d’une force surhumaine elle aurait alors tout détruit sur son passage.

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Honza Hloupy

Personnage familier des contes de fées ce brave garçon ne sait que dormir sur le four de la cuisine, jusqu’au jour où il part faire l’apprentissage de la vie, un baluchon rempli de gâteaux sur son épaule. Il va vivre de nombreuses aventures, tuer un dragon, sauver une princesse… qu’il épousera bien sûr !

Kasparek

Personnage comique né dans le théâtre de marionnettes au début du XIXème siècle.

Eduard Benes
(1884 – 1948)

Lors de la Première Guerre mondiale Eduard Benes rejoint celui qui sera le premier Président de la Tchécoslovaquie indépendante, Thomas Garrigue Masaryk. A la naissance du pays Benes prend en charge les affaires étrangères. Il succède à Masaryk en 1935, dans une conjoncture difficile. Quand la guerre éclate il fuit à Paris puis à Londres et constitue un gouvernement en exil reconnu par les occidentaux. A la Libération Eduard Benes doit constituer un gouvernement d’union nationale avec des hommes issus de tous les grands partis, dont l’homme de Moscou : Klement Gottwald. Sur 25 ministres 8 sont communistes et le feront vivement savoir en 1948, lors du « coup de Prague ». Evincé, Benes meurt peu après.

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Josef Palivec
(1886 – 1975)

Poète, traducteur de Valéry en tchèque et de Seifert en français, diplomate jusqu’en 1930 à Genève et à Paris, emprisonné dans les années cinquante.

Karel Capek
(1890 – 1938)

Ecrivain, journaliste, dramaturge, il est l’un des intellectuels en vogue de l’entre-deux-guerres. Son amitié et ses contacts réguliers avec le Président Masaryk lui ont donné le rôle d’écrivain officiel du château. Il est l’inventeur du mot « robot » créé d’après le mot tchèque « robota » (corvée) qui apparaît dans sa pièce de théâtre « R.U.R ».

Klement Gottwald
(1896 – 1953)

Le rival victorieux de Benes est un « exemple » pour tous les communistes : c’est un ouvrier. Il a vingt-cinq ans lorsqu’il adhère au Parti communiste Tchécoslovaque. En 1929 il en devient le secrétaire général. Il passe la guerre en Union Soviétique et à son retour, dans une Tchécoslovaquie enfin débarrassée de Hitler, la côte de Staline est au plus haut (38% de communistes). Gottwald devient alors Président du Conseil et prend des mesures qui déplaisent aux ministres non communistes. Ceux-ci démissionnent tous ensemble en 1948 mais Benes, cédant aux exigences de Gottwald, nomme d’autres ministres communistes. Après de nouvelles élections sur liste unique Klement Gottwald devient le premier Président communiste de la Tchécoslovaquie.

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Josef Sudek
( 1896 – 1976)

Revenu manchot de la Première Guerre Mondiale il fonde en 1924 la Société photographique tchèque. Photographe inclassable il photographie encore et encore ses fenêtres, l’empreinte des saisons dans les jardins… « Je voudrais raconter la vie des objets, représenter du mystérieux, faire voir la septième face du dé »

Milena Jesenska
( - 1944)

A Milena furent adressées des lettres d’amour qui sont parmi les plus belles de ce siècle. Leur auteur : Franz Kafka. Journaliste pendant 20 ans, de 1919 à 1939, elle a signé un grand nombre de chroniques et d’essais où elle se révèle d’une lucidité exceptionnelle (« Vivre »)

Vitezslav Nezval
(1900 – 1958)

Poète, prosateur, dramaturge, traducteur de poésie françaises, l’un des fondateurs de Devetsil, puis du premier Groupe surréaliste tchèque qu’il dissout en 1938 (« Poèmes de la nuit »).

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Jaroslav Seifert
(1901 – 1986)

Fils d’une catholique fervente et d’un militant socialiste Jaroslav Seifert connût, au cours des premières années de sa vie sous l’Empire d’Autriche-Hongrie, la pauvreté qui frappait sa famille tout comme les autres habitants des quartiers ouvriers de Prague. A l’âge de dix-huit ans, après avoir brièvement participé au mouvement anarchiste il publia ses premiers vers dans le journal social-démocrate Pravo Lidu. Un an plus tard il prit part à la formation  du groupe d’avant-garde Devetsil qui se donnait pour but de « lutter pour une nouvelle vie ». Comme beaucoup d’autres jeunes créateurs Seifert adhéra au Parti Communiste Tchécoslovaque qui s’était séparé du Parti Social-démocrate en 1921. A partir de 1922 il dirigea, avec Teige, l’almanach du groupe qui entretenait des contacts étroits avec les avant-gardes françaises et russes. En 1929 Jaroslav Seifert fut parmi les sept poètes et écrivains qui décidèrent de quitter le Parti communiste pour protester contre la mise au pas « stalinienne » opérée par son nouveau chef Klement Gottwald. Il est alors exclu de Devetsil. Dans les années trente les sujets des poèmes de Jaroslav Seifert tournent autour de quelques thèmes principaux dont le mot clé était l’amour : celui de la femme, de ses parents, de Prague et de son pays. Pendant l’occupation allemande le poète mit sa plume au service de la conscience nationale. Dans ses vers il évoquait le courage des générations passées ayant su résister à l’oppression politique, nationale et linguistique. A la Libération il a écrit des vers de reconnaissance à l’Armée Rouge et a été alors l’un des poètes les plus importants du nouveau régime socialiste. Au congrès de l’Union des Ecrivains Tchécoslovaques de 1956 il fut parmi les premiers à dénoncer les crimes du stalinisme et à demander que justice soit rendue aux poètes et aux écrivains emprisonnés. Artiste national il fut, après le Printemps de Prague, traité avec méfiance par les autorités de son pays et pratiquement effacé, à cause de ses opinions politiques, de l’histoire culturelle de son pays. Il signa la Charte 77, se joignant ainsi à ceux qui, pour avoir demandé le respect des droits civiques inscrits dans la constitution du pays, subissaient d’incessantes tracasseries policières, voire la prison. En 1984 le Prix Nobel de Littérature récompensa autant « le plus grand poète lyrique des mille ans de littérature tchèque et un très grand maître de la littérature mondiale » que l’homme qui « tout au long de sa vie, fut le combattant courageux et inlassable des droits de l’homme, pour la liberté de son peuple ».

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Vladimir Holan
(1905 – 1980)

L’un des plus grands poètes tchèques de ce siècle (« Une nuit avec Hamlet »).

Bohumil Hrabal
(1914 – 1997)

Un style imagé et empreint d’humour, une âme écorchée vive derrière un personnage bourru… Hrabal apporte une voix originale dans la littérature tchèque. Ses œuvres, longtemps censurées dans son pays, sont traduites pour la plupart en français ( « Une trop bruyante solitude », « Vends maison où je ne veux plus vivre », Lettres à Doubenka »...).

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Milan Kundera
(1929 - )

Né à Brno, exilé en France en 1975 et naturalisé français en 1981. Fils d’un pianiste célèbre il est exclu du parti communiste à l’âge de 20 ans et doit attendre 1957 pour publier ses premiers recueils de poèmes. L’humour de son théâtre, de ses romans et de ses nouvelles l’impose comme l’une des consciences les plus lucides de la littérature contemporaine et l’analyste de la désagrégation de la vieille Europe.

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Jan Saudek

Photographe hors normes, à la fois onirique et d’une ironie cinglante, pour qui le sexe est l’énergie la plus puissante.

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Milos Forman
(1932 - )

Formé par Alfred Radok, le maître du théâtre pragois, il pratique dès ses débuts l’improvisation contrôlée, le cinéma-vérité, et se passionne pour les conflits de générations. « L’as de pique », « Les amours d’une blonde », « Au feu les pompiers »… en 1969 Milos Forman quitte la Tchécoslovaquie « normalisée » pour les Etats-Unis. Il renoue avec ses origines en 1984 pour un grand succès commercial : « Amadeus ».

 

Jan Palach
(1949 - 1969)

Cet étudiant en économie politique et en histoire s’est immolé le 16 janvier 1969 sur la Place Venceslas en signe de révolte contre l’occupation soviétique. Symbole de la Liberté, le jour de l’anniversaire de son martyre le mémorial qui lui est consacré devant la statue de Saint Venceslas est couvert de fleurs.

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Vaclav Havel
(1936 - )

Ecrivain et dramaturge, bourgeois par naissance, non-conformiste par nature, dissident, autorité morale… et Président ! Vaclav Havel incarne la révolte de tout un peuple, souvent avec humour et cynisme. Issu d’une famille bourgeoise il n’a pu poursuivre les études qu’il aurait souhaité. Il a donc appris le métier de laborantin puis a travaillé comme technicien de scène aux théâtres ABC et Na Zabradli tout en étudiant la dramaturgie à l’Académie du théâtre et des arts musicaux. En 1963 il présente sa première pièce « Zahradni slavnost » («La fête en plein air » traduite aussi par « Garden-party »). Dès 1969 ses pièces sont interdites par le régime communiste. En 1977, dans le désert intellectuel laissé par la « normalisation » Vaclav Havel participe à la création de la Charte 77. Il en est l’un des signataires. Très vite cette organisation subit les foudres du pouvoir : Havel fait de la prison en 77 puis en 79. En janvier 89 il est à nouveau arrêté alors qu’il vient de déposer des fleurs à la mémoire de Jan Palach. Dix mois plus tard la foule scande son nom sur la Place Venceslas. Au mois de novembre il est l’un des créateurs du parti « Forum civique ». « Je préfère être celui qui fait les rois plutôt que le roi » déclare-t-il… mais la foule a choisi et il est élu Président de la République. Il est réélu en 1993 après le divorce tchéco-slovaque, puis en 1998. Auteur reconnu il a écrit une vingtaine de livres dont la plupart sont des pièces critiques du système totalitaire communiste. Les « Lettres à Olga » rassemblent 144 des lettres qu’il a écrites à sa femme pendant son emprisonnement. Dans « Letni premitani » (« Méditation d’été ») publié en 1991 il fait le point sur son expérience de Président.

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